05.01.2009
2009
Aujourd'hui, en France, faute de moyens, on meurt dans les rues, sur des trottoirs gelés ; on meurt dans les hopitaux, en attendant un médecin ; on meurt dans les prisons, pendus dans la fleur de l'âge.
Aujourd'hui, en France, un homme sans envergure ni culture se moque du sort de ses compatriotes, ne se préoccupe du bien-être que de ses puissants amis et n'a d'ambitions que pour lui-même. Un tout petit président.
Imbu de sa personne, le voici juché sur ses talonnettes disgracieuses à se rêver en sauveur du monde. Encore. Mouche du coche de la diplomatie internationale, il court partout, admoneste chacun, s'époumone en rodomontades et brasse du vent. Il ne s'agit pour lui que de pouvoir dire qu'il y serait pour quelque chose, si jamais quelque chose de positif venait à advenir.
Aujourd'hui, des hommes meurent à Gaza. Aussitôt, le petit homme s'agite. A la tête de l'Union Européenne durant ces six mois et il y a cinq jours encore, que ne s'est-il alors agité pour faire de l'Europe un bouclier entre les belligérants, quand il était temps encore, quand les bombes ne faisaient encore que menacer ? Sans doute n'était-ce alors pas assez spectaculaire. Trop peu de profit à en tirer pour sa propre image.
Il est de ces personnages sans profondeur qui préfèrent saisir l'opportunité d'un feu et prétendre avoir contribué à l'éteindre que de s'assurer dans l'ombre et peut-être sans gloire qu'aucune flamme ne puisse jamais rejaillir de braises que l'on connait féroces. Celui-ci n'ira jamais ailleurs que là où il pourra espérer prendre un peu de lumière. Il est vrai aussi qu'il ne saurait briller par lui-même.
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Je voulais malgré tout, malgré ce petit président que vous avez et qui ne saurait se révéler à la hauteur des difficultés qui s'amoncellent et leur menaçant cortège de souffrances, parce qu'il n'en a cure, faire le souhait pour chacun d'une année heureuse et solidaire, où l'essentiel saura être sauvegardé : les lendemains.
28.11.2008
Internet et ennui
L'internet ne cesse de me surprendre. Plus je cherche sa différence, plus je m'apperçois qu'en réalité il tend à être le miroir du monde, ou sa caricature, quand il devrait se vouer à être en avant de lui, le champ vierge où l'on saisirait l'opportunité d'explorer les possibilités et les impossibilités d'un autre monde.
En vérité, là comme ailleurs, on vend et on achète, on se rencontre et on se sépare, on s'aime et on se déchire. On y vient souvent pour tromper sa solitude, puis on comprend que s'y expose la plus grande collection de nombrils du monde. Chacun alors de vouloir y ajouter le sien, le brandir sur ce petit piédestal virtuel qu'on appelle blog. Où, là comme ailleurs, on observe qui nous regarde et combien ils sont.
On me dit que vous êtes toujours plusieurs milliers à venir chaque mois consulter ce journal d'outre-tombe où pourtant plus rien ne s'écrit. Je me dois de vous remercier pour cette marque de confiance, pour peu que cela en soit une. C'est une attente plutôt, ou une quête. La marque à la fois d'une nostalgie et d'une désespérance. Le signe d'un terrible mésamour des temps présents.
Je ne vous ai pas quittés. Seulement, j'éprouve actuellement un profond désintéressement pour les choses terrestres. En particulier, la politique française m'ennuie à en mourir - pour peu qu'il soit possible de décéder deux fois. Je confesse que c'est à peine si la petite mascarade socialiste m'aura en définitive amusé. Quant à la droite, elle est à ce point égale à ce qu'elle sera toujours, n'en déplaise au président du pouvoir d'achat et du plein emploi, que c'est sans surprise aucune que le même désastre indéfiniment se reproduit.
J'ai, pour me désennuyer, hésité à révéler ici le secret de polichinelle dont on feint d'entourer la paternité de l'enfant de Madame Dati. C'était sans le moindre intérêt. Je préfère m'amuser à démentir à mon tour d'en être le responsable. Au moins saurez-vous désormais que cette conception n'a rien d'immaculée.
Et charpentier, Nicolas Sarkozy ne l'est pas non plus. Ce qui se serait sans aucun doute avéré plus utile qu'une promesse supplémentaire, quand chaque jour des hommes meurent faute d'avoir pu bénéficier d'un toit.
01.10.2008
Apathie et Royal, Besancenot et Bayrou, Zénith
M. Aphatie, qui est un homme honorable et un chroniqueur intègre, a comparé Ségolène Royal à Olivier Besancenot - on se demande d'ailleurs lequel était la cible de cet amalgame bien hasardeux. Pour illustrer son propos, il montra aux télespectateurs de Canal + un court extrait de la prestation de Mme Royal lors de son discours au Zénith de Paris. Rayonnante dans sa tunique bleue, la reine de l'amour et de la fraternité pourfendait là d'un trait assassin le grand capital : « A quand l'interdiction de délocaliser et de licencier ! », demandait-elle à une foule qu'on imaginait soudain le couteau entre les dents.
Et M. Aphatie, qui est un homme honorable, de conclure prestement au ralliement de la candidate aux élections présidentielles (anciennes et futures) aux thèses (anciennement) révolutionnaires du Nouveau Parti Anticapitaliste (mais qu'a-t-il donc de nouveau ?). Les ménagères dans les chaumières en eurent sans doute un frisson d'horreur. Les grands actionnaires des grandes multinationales dans leurs grands yachts furent rétrospectivement frapper d'apoplexie à l'idée qu'en ce 6 mai 2007, le Grand Soir fut frisé (sans jeu de mots inapproprié) à moins de 2 millions de voix (seulement...).
Empressons-nous de rassurer tout ce beau monde qui n'en méritait pas tant. M. Apathie, qui est un chroniqueur politique intègre, avait malencontreusement omis de nous donner à entendre, dans sa totalité, la phrase que lisait Mme Royal sur son prompteur : « A quand l'interdiction de délocaliser et de licencier avec obligation de rembourser les aides publiques si l'entreprise fait des bénéfices ? »
Il est vrai que la tournure maladroite prête à confusion. On peut néanmoins distinguer là certaines nuances, et même un conditionnel, à même de nous permettre de parier que s'il advenait par le plus grand des hasards que Mme Royal parvienne un jour à ses fins, M. Besancenot ne partirait pas favori pour le fauteuil de Premier ministre. Quoi qu'en dise M. Apathie, qui est un homme honorable, François Bayrou peut encore dormir sur ses deux grandes oreilles centristes (mais la droite est plus grande encore).
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A propos de la prestation de Mme Royal au Zénith de Paris, la candidate (mais à quoi ?) a une nouvelle fois apporté à la cohorte honteuse de ses détracteurs la preuve qu'elle est une femme douée d'un grand talent politique. Plus grand en tout cas que pour le stand-up.
Il est heureux pour les amateurs du genre qu'elle ne se fût pas trompée à ce point de carrière.
13.09.2008
Bruno Roger-Petit et religion de l'esprit
Il est bien, ce petit. Il démontre un bon esprit.
Se passer de l'esprit serait une folie, cela a toujours été ma religion. Je constate avec une profonde tristesse que mon lointain successeur n'a pas renoncé à apporter chaque jour une nouvelle pierre à mon église. Il ne réforme pas, cet homme-là, il déforme. On ne reconnait déjà plus la France. Elle semble avoir considérablement rapetissé. Il est vrai aussi que, de toute évidence, la France était trop grande pour lui.
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13.08.2008
Médaille d'or
On me rapporte à l'instant que depuis son retour de Chine le petit homme d'état français occupe ses vacances à regarder le sport à la télévision et à pester contre ses compatriotes, qu'il juge "mentalement déficients, incapables de gagner". A la mi-journée de ce cinquième jour, il s'est néanmoins subitement calmé - si l'on peut dire - après avoir assisté à la victoire du héros français. Le successeur de mon successeur s'est aussitôt attelé à la rédaction de son petit compliment, machouillant nerveusement son énorme stylo et marmonant qu'à son goût la lutte gréco-romaine est "un sport un peu trop chiraquien". Un peu comme la vente de centrales nucléaires aux dictatures ?
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24.06.2008
Réseau Education Sans Frontières
L'esprit de résistance est une force à nulle autre pareille, car elle est la conscience collective des hommes libres qui se dresse contre la puissance aveugle de l'oppression. Je sais à l'avance ce qu'inspirera à quelques langues venimeuses une telle entrée en matière. Peu importe, je suis heureux que l'audience considérable de ce "blog", et qui m'étonne chaque fois qu'on m'en rapporte les chiffres, me permette aujourd'hui de projeter un peu plus de lumière sur l'œuvre d'espoir qui malgré tout, aussi difficile et douloureux en soit le chemin, et à force de ne rien lâcher, s'accomplit et s'accomplira.
Communiqué de presse du RESF
au sujet des événements de Vincennes
Il y a trois jours, le ministre Hortefeux paradait : presque 30 000 d’expulsions depuis 12 mois, 80% de plus que l’année dernière à la même époque. Des chiffres incontestablement gonflés (incluant les départs de touristes ayant dépassé la date de validité de leur visa ou les retours « volontaires » de Roumains ou de Bulgares expulsés avec un pécule du montant du prix de leur retour en autocar) mais qui en disent long : le respect des droits humains est bien menacé quand un responsable politique croit utile à sa gloire de gonfler les chiffres des mauvais traitements qu’il inflige à une fraction de la population !
La réalité n’a pas tardé à se manifester. Le décès le 21 juin d’un tunisien de 41 ans dans les murs de la prison administrative pour étrangers de Vincennes a été l’étincelle qui a allumé l’incendie, au sens propre comme figuré. Le soir même un premier départ de feu se produisait. Dimanche vers 15 heures, il semble que plusieurs foyers se soient déclarés, que les policiers sur place auraient été incapables de contenir (les extincteurs auraient été vides). Les internés administratifs étaient alors rassemblés dans la cour, gazés disent certains, parqués derrières des barrières. 17 d’entre eux, intoxiqués par la fumée ont été hospitalisés, quatorze selon la police auraient disparu, les autres ont été transférés en car et en train vers les prisons administratives de Palaiseau, Lille et Nîmes. Les deux centres de rétention de Vincennes sont entièrement détruits.
Ces événements d’une extrême gravité étaient parfaitement prévisibles, d’autant qu’ils se sont déjà produits dans des pays européens poursuivant les mêmes objectifs : Incendies des centre de rétention de Yarl’s Wood en Grande-Bretagne (2002), de Schipol-Oost aux Pays-Bas (2005).
Voilà des mois que la tension monte dans la majorité des prisons administratives pour étrangers. Vincennes avait déjà été partiellement détruit par un incendie puis, au moment des fêtes de fin d’année, une vague de révolte partie du Mesnil-Amelot avait gagné Vincennes. Mais, en réalité, c’est quotidiennement que les tensions et les incidents très violents y ont lieu, spécialement à Vincennes qui, avec 280 places, constitue le CRA le plus important de France. Encore plus qu’ailleurs, les incidents y sont quotidiens : automutilations, tentatives de suicide, grèves de la faim, bagarres pour un rien, incidents parfois très violents avec la police, se produisent chaque jour. Le sénateur de Paris Jean Desessard, un familier des lieux d’enfermement, disait en sortant de Vincennes il y a une quinzaine de jours, n’avoir jamais perçu une tension pareille.
Le stakhanovisme du ministre en matière d’expulsions, ses objectifs chiffrés, à l’unité près, imposés à toute la chaîne administrative et policière (dont la rétention est l’avant dernière étape) engendrent une tension extrême des personnels débordés, parfois conduits à prendre des libertés avec les procédures et contraints à des gestes qui heurtent leur conscience. A l’inverse, cette chasse à l’homme génère la terreur chez les sans papiers en liberté et le désespoir chez ceux qui sont pris. Les gestes comme ceux d’hier à Vincennes sont inévitables. Ils se reproduiront si la même politique se poursuit.
Car le véritable scandale n’est pas que quelques centaines d’hommes désespérés aient incendié leur prison. Il est dans leur internement administratif, prélude à leur expulsion. La peine qui les attend, leur bannissement, est pire que la prison. Ils ont été arrêtés à l’improviste, enfermés. Ils ont perdu leur travail, ils perdront leur logement, la totalité des biens qu’ils avaient accumulés, certains perdront leur conjoint et leurs enfants. Ils seront déposés menottés, dans la tenue dans laquelle ils ont été arrêtés, sur le tarmac d’un aéroport où personne ne les attend. Une expulsion est une humiliation dont personne ne se remet. Certains finissent mendiants, fous ou suicidés.
L’explication aux événements d’hier à Vincennes est là, dans le désespoir total de chacun des enfermés et dans la concentration du malheur dans une centaine de cellules.
Ils se reproduiront, sous une forme ou sous une autre, en France et en Europe puisque la directive de la honte adoptée la semaine dernière à Strasbourg rend légale la rétention de 18 mois, l’interdiction de séjour de 5 ans des expulsés, la possibilité d’enfermer et d’expulser des enfants. Vincennes en pire, plus longtemps et en famille.
Ce qui s’est produit hier signe la faillite de la politique de M. Sarkozy en matière d’immigration. Nous sommes d’une certaine façon à la croisée des chemins. Soit une nouvelle politique est définie, qui prenne en compte les intérêts des pays dont viennent les immigrés, l’aide qu’ils apportent à leur développement, les besoins aussi de main d’œuvre des pays riches vieillissants, la richesse véritable que constitue le brassage des cultures et des populations, etc,. Une politique réfléchie et concertée. Ou alors, à l’inverse les apprentis sorciers qui ont enclenché la course infernale aux records d’expulsions et de mauvais traitements s’entêtent, rebâtissent Vincennes en plus grand et en plus monstrueux et les choses finiront très mal. Pour les sans papiers, pour les immigrés… mais aussi pour tous les autres, tous ceux qui ne marcheront pas droit.
23 juin 2008
17.06.2008
L'esprit, la mouche et le coche
Jean-Michel Aphatie n'abandonne pas les quartiers de la misère sociale à leur triste sort.
Jean-Michel Apathie ne fait pas la chasse aux populations immigrées.
Jean-Michel Apathie n'a pas entrepris la casse de l'école publique, gratuite, laïque et républicaine.
Jean-Michel Aphatie ne démantèle pas le droit du travail.
Jean-Michel Apathie ne s'occupe pas de baisser les impôts des riches et des puissants.
Jean-Michel Apathie ne s'acharne pas à mettre à sa botte le pouvoir médiatique.
Jean-Miche Apathie ne réécrit pas la Constitution selon son plaisir princier.
Jean-Michel Apathie ne trahit pas les engagements qu'il a pris devant tous les français.
Jean-Michel Aphatie n'est pas président de la République. Il n'en est qu'un des nombreux courtisans, cette engeance étrange de ceux qui se tournent toujours vers le haut avec l'espoir de découvrir dans le pouvoir le reflet de cet être qu'ils chérissent plus que tout autre, eux-mêmes.
En vérité, je vous le dis, Jean-Michel Aphatie n'a d'importance que pour lui-même. Il a placé un livre dans une poubelle, la belle affaire ! Il lui faut bien se donner le sentiment d'exister, de n'avoir rien perdu de ses vingt ans rebelles. Les livres, d'autres qui sont en charge de la destinée d'un pays les détestent parce qu'ils en ont peur et les méprisent parce qu'ils y devinent une puissance qui les dépassent et à laquelle ils n'ont pas accès. Ceux-là ne se contentent pas de destructions symboliques, ceux-là sont réellement dangereux. Et ceux-là ont placé à leur tête le pire d'entre eux.
S'en prendre à Jean-Michel Aphatie revient à chasser la mouche quand c'est le coche qu'il faut abattre.
03.06.2008
La voix de son maître
Il est navrant d'entendre tant de mauvaises langues s'en prendre à Madame Dati. Elle est la seule à faire précisément ce pourquoi elle a été déposée à son poste. Elle s'applique à briller. Aussi les socialistes ont-ils chaque fois grand tort de darder là leurs regards couroucés. Rachida Dati, c'est Nicolas Sarkozy qui pêche à la cuiller.
22:09 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
27.05.2008
"François Mitterrand 2008 - il revient"
Les forces de l'Esprit m'ont fait un bien beau cadeau encore. Il m'en a étrangement coûté une centaine de francs, et quelques gouttes de pluie hors de saison, mais j'ai lu avec plaisir qu'elles savent me rester fidèles. Aussi sympathique que soit ce cher Paul Amar, et grande en effet mon envie de lui rendre son stylo, je constate sans surprise que l'ombre leur sied mieux que la lumière. En consentant à s'affubler d'un faux nez, elles frisèrent là un ridicule qui ne me parait pas convenir. Mon goût du secret n'a jamais été jusqu'à la mascarade. Dans l'ombre, nul besoin de se déguiser : il ne suffit que de savoir y demeurer.
Les forces me sont revenues, je ne vous quitte pas...
11:42 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
29.04.2008
Esprit mercantile
Tout est-il à vendre ?
Il semble qu'à cette question il soit désormais incontournable de fournir une réponse affirmative. Ainsi, certains esprits fatigués de baigner dans l'ether, et grisés sans doute par un succès qui ne leur appartient pas, ont à leur tour succombé à la tentation mercantile - oú l'immatériel perd en outre beaucoup de sa splendeur.
Il reste une autre question, pourtant, sur laquelle je souhaite aujourd'hui vous inviter à vous pencher avec toute l'attention qu'il convient aux citoyens en responsabilité, esprits libres et au sens critique intact que vous avez en ces temps troubles le bonheur d'être encore. La voici :
Mais tout est-il pour autant, ou pour aussi peu, à acheter ?


