09.01.2008

Emancipation et champ de bataille - Liberté et responsabilité

Tuer le père ne suffit pas. Il faut aussi savoir reconnaître quand le temps est venu de renoncer à sa présence tutélaire, s'affranchir de son fantôme un peu timbré et qui rassure, être enfin soi, enfin seul, enfin libre. Savoir reconnaître quand le temps du deuil et des esprits est révolu, quand l'ennemi est là, déjà, qu'il faut sans plus tarder affronter et abattre, se jetant de toutes ses propres forces dans cette bataille où les esprits ne sont plus d'aucune utilité.

Car, qu'on ne s'y trompe pas, c'est bien une guerre que Nicolas Sarkozy a entamée. Reconnaissez le champ de bataille, observez son armée de petits soldats, abrutis et fidèles, et ses généraux sans éclats, stratèges froids et courtisans zélés. Les traîtres ont été les premiers promus et, n'en doutez pas, à leur tour quelques espions triomphants seront récompensés. Et toujours, chaque fois, c'est l'ombre qui justifie la lumière, là-bas où vous n'êtes pas conviés qu'il vous faut vous empresser d'aller combattre.

La victoire exigera une grande lucidité, celle en particulier de n'attendre rien de quiconque sinon de soi-même. Vaincre, c'est d'abord refuser de se soumettre. A personne. Ni esprit, ni ange blanc, ni providence.

Libres et insoumis, il ne s'agit ensuite que de se chercher, collectivement, des représentants, ce qui signifie les soumettre ou bien les démettre, et conserver précieusement pour soi la responsabilité. Car refuser d'être responsable de ce qu'il advient, déléguer la responsabilité au-dessus de soi, c'est précisément cela, se soumettre. Soyez-en persuadés, il n'est point d'homme libre en dehors du champ de la responsabilité.

Ni esprit, ni ange blanc, ni providence : seulement soi-même, et quelques bons compagnons.

 

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Quant à moi, justement, j'ai rejoint et me suis soumis à la cohorte blafarde des irresponsables patentés. Il m'a seulement plu de pérorer une dernière fois.