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29.04.2008
Esprit mercantile
Tout est-il à vendre ?
Il semble qu'à cette question il soit désormais incontournable de fournir une réponse affirmative. Ainsi, certains esprits fatigués de baigner dans l'ether, et grisés sans doute par un succès qui ne leur appartient pas, ont à leur tour succombé à la tentation mercantile - oú l'immatériel perd en outre beaucoup de sa splendeur.
Il reste une autre question, pourtant, sur laquelle je souhaite aujourd'hui vous inviter à vous pencher avec toute l'attention qu'il convient aux citoyens en responsabilité, esprits libres et au sens critique intact que vous avez en ces temps troubles le bonheur d'être encore. La voici :
Mais tout est-il pour autant, ou pour aussi peu, à acheter ?
10.04.2008
Immortalité
Cette pensée, je l'avais confiée à un ami qui sait me rester fidèle et que le nouvel hôte de l'Elysée pourrait consulter à grand profit. Lui pour qui le mot doit l'emporter sur le réel, lui qui ne saurait avoir d'autre projet pour les français qu'une rupture dont il a en réalité horreur, lui enfin qui cherche à toute force à retrouver l'amour d'un père qu'il n'a de cesse que de tuer et de tuer encore, comprendrait un peu pourquoi il redoute tant de devenir lui-même ce père que les français espèrent toujours en leur président, quoi qu'ils en disent. Faute d'un tel conseil, le voilà déjà usé. On le raconte hagard en son palais, sonné par sa propre impuissance à survivre au désamour d'un peuple qu'il déteste.
Il serait imbécile de s'en contenter. En politique, rien n'est jamais aussi irrémédiable qu'une mise à mort. Et si l'on en connaît qui, enterrés précipitamment, se sont relevés plusieurs fois, il suffirait de s'attarder un peu sur la situation actuelle de Nicolas Sarkozy pour se persuader que le temps est aujourd'hui venu de donner l'assaut et de porter profond les coups, jusqu'à l'estocade. La période est propice, aussi certain qu'elle finira par passer.
Chaque jour, j'entends une jeunesse éraillée, abandonnée, méprisée et qui pourtant sonne la charge avec une belle ardeur. Il m'est pénible, je vous l'avoue, de constater comme les socialistes paraissent actuellement avoir autre chose en tête, au point de regarder passer une Histoire qui ne se conjugue jamais qu'au présent. A force de trop préparer les lendemains, ils en viendront à déchanter pour avoir manqué ce rendez-vous là qui est essentiel. Car il leur faudrait alors s'attendre à devoir payer le prix d'une défaillance coupable qu'on aura tôt fait de nommer trahison.


