28.11.2008
Internet et ennui
L'internet ne cesse de me surprendre. Plus je cherche sa différence, plus je m'apperçois qu'en réalité il tend à être le miroir du monde, ou sa caricature, quand il devrait se vouer à être en avant de lui, le champ vierge où l'on saisirait l'opportunité d'explorer les possibilités et les impossibilités d'un autre monde.
En vérité, là comme ailleurs, on vend et on achète, on se rencontre et on se sépare, on s'aime et on se déchire. On y vient souvent pour tromper sa solitude, puis on comprend que s'y expose la plus grande collection de nombrils du monde. Chacun alors de vouloir y ajouter le sien, le brandir sur ce petit piédestal virtuel qu'on appelle blog. Où, là comme ailleurs, on observe qui nous regarde et combien ils sont.
On me dit que vous êtes toujours plusieurs milliers à venir chaque mois consulter ce journal d'outre-tombe où pourtant plus rien ne s'écrit. Je me dois de vous remercier pour cette marque de confiance, pour peu que cela en soit une. C'est une attente plutôt, ou une quête. La marque à la fois d'une nostalgie et d'une désespérance. Le signe d'un terrible mésamour des temps présents.
Je ne vous ai pas quittés. Seulement, j'éprouve actuellement un profond désintéressement pour les choses terrestres. En particulier, la politique française m'ennuie à en mourir - pour peu qu'il soit possible de décéder deux fois. Je confesse que c'est à peine si la petite mascarade socialiste m'aura en définitive amusé. Quant à la droite, elle est à ce point égale à ce qu'elle sera toujours, n'en déplaise au président du pouvoir d'achat et du plein emploi, que c'est sans surprise aucune que le même désastre indéfiniment se reproduit.
J'ai, pour me désennuyer, hésité à révéler ici le secret de polichinelle dont on feint d'entourer la paternité de l'enfant de Madame Dati. C'était sans le moindre intérêt. Je préfère m'amuser à démentir à mon tour d'en être le responsable. Au moins saurez-vous désormais que cette conception n'a rien d'immaculée.
Et charpentier, Nicolas Sarkozy ne l'est pas non plus. Ce qui se serait sans aucun doute avéré plus utile qu'une promesse supplémentaire, quand chaque jour des hommes meurent faute d'avoir pu bénéficier d'un toit.


