13.12.2007

Âme, humeurs et saisons ; moule

L'actuel président ne craint rien tant que le désamour des Français. Pour conquérir leurs coeurs, il aura longtemps cherché l'âme de la France, et n'aura en définitive trouvé que son pouls. Cela suffit, le temps d'une campagne où il parvint avec talent à se mettre en phase, à le faire élire. Cela sera demain sa perte. L'âme de la France n'est pas une parure dont on saurait se travestir, elle vous habite, ou toujours vous échappe. Or voici un homme dépourvu à la fois d'élégance et d'esprit, qui n'est habité que de lui-même : creux, il ne s'emplira jamais que d'air. Le soufflé retombera bientôt et déjà il se ratatine. Il n'y a désormais plus long à attendre que les Français, mis en appétit, le découvrent finalement immangeable.

Ma crainte est grande que, privé de l'amour de "son" peuple, ce garçon fragile en vienne alors à perdre tout à fait le contrôle de lui-même. D'inquiétants témoignages me parviennent qui alimentent le doute qu'on peut nourrir quant à la capacité du président à assumer dans la durée le poids d'une impopularité qui lui tend les bras. Il apparaît que l’ambiance qui règne à l'Elysée est de jour en jour plus détestable, plus explosive à mesure que s'incline la côte de confiance de son hôte gesticulant et colérique. Celui-ci tempête, claque les portes, tape des pieds, en a après le monde entier. Les Français d'abord, auxquels il impute toutes ses difficultés et pour lesquels il formule bien des intentions, régulièrement sous la ceinture. Il vocifère et clame à qui veut l'entendre, avec une lucidité dont on peut lui faire crédit, qu'il n'est entouré que d'imbéciles, "des incapables et des incompétents", et se trouve rarement à court de noms d'oiseaux pour qualifier aussi bien ses collaborateurs, ce brave Martinon en tête, que les ministres de "son" gouvernement - à l'exception notable de la très servile Rachida Dati, laquelle faute de parvenir toujours à briller se contente à l'occasion de scintiller. Rama Yade, qui était en mission et interpréta de manière pour le moins empressée les consignes qui lui avaient été données, confiera certainement un jour ce que lui valut son accès de zèle.

En vérité, je vous le confie, j'ignore où tout cela va aboutir. Ce que je sais, en revanche, c'est que l'on peut faire confiance aux Français pour ne pas céder à la désespérance. Ils ont, chevillée au corps, la conscience rythmée des saisons qui reviennent. Il ne suffit que de s'y préparer, avec patience et ardeur, sans jamais renoncer à rien qui soit essentiel.

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Il m'arrive à l'occasion d'apprécier la plume du jeune Birenbaum et je n'ai pas été surpris d'apprendre qu'il se flattait de communiquer avec les esprits, il n'en est lui-même pas dépourvu. Quant à être leur messager, si l'intention de servir était louable, il y a un pas qu'il fut sans doute présomptueux de franchir. La polémique est d'usage, elle n'en est pas moins vaine. J'ai quant à moi la conscience qu'il faut briser le moule. Ceux qui brisent annoncent ceux qui créent.

12.12.2007

Epouse et concubine, rupture et courtisane

Il n'y a jamais loin de la politique aux affaires de coeur, des ors de la République aux velours des alcôves. Il m'est revenu plusieurs fois que le nouveau président appelle sa nouvelle résidence "son piège à gonzesses". Cela en dit long sur le rapport particulier qu'il entretient avec le pouvoir, les femmes et la langue française. En accédant à l'Elysée, il était d'ailleurs convaincu qu'il n'aurait aucun mal à retenir son "épouse". Les papiers du divorce étaient prêts, mais il ne lui suffirait que de la faire monter dans un yacht pour que de nouveau chavirât la belle. L'amoureux ne ménagea pas sa peine, il faut le reconnaître. C'était en pure perte : il n'avait pas compris que la dame, feu première, méprise autant le pouvoir qu'elle apprécie les paillettes. Je me suis laissé dire qu'elle ne goûtait guère non plus l'éventualité qu'il y en eût une seconde.

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Laurence Ferrari est une journaliste en tous points remarquable. Ségolène Royal, qui passa la veille entre de plus mauvaises mains, peut en témoigner. On rapporte que le président reprocha vertement à Arlette Chabot, pourtant si dévouée, son manque de pugnacité. C'est que pour donner toute son envergure, cet homme-là plus qu'un autre a besoin d'être habilement stimulé.

Que ne peut-il librement remplacer l'une par l'autre ? Le pouvoir est fécond de cette sorte de dilemme où l'exigence de l'intime le dispute à l'impératif politique.

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Après ma première élection et mon discours d'investiture, j'avais attendu quatre mois avant de reprendre la parole. Lorsque je me suis adressé à la presse, le 24 septembre 1981, beaucoup avait déjà été accompli : majoration du Smic, augmentation du minimum vieillesse, des allocations familiales et de l’allocation logement, un plan en faveur de l’emploi, la loi de décentralisation, l’abrogation de la peine de mort, la suppression de la Cour de Sûreté de l’Etat, sans oublier les lois de nationalisations que venait de voter l’Assemblée nationale. Une vague de réformes comme la France n’en avait plus connue depuis le général de Gaulle en 1946 s'était soulevée.

Depuis sept mois que le nouveau président est en place, la rupture aura finalement consisté en quelques parades en culottes courtes devant une presse aux ordres. Pour le reste, il ne s'est agi que de poursuivre la politique de son prédécesseur : satisfaire les puissants, donner beaucoup à ceux qui ont déjà beaucoup, prendre à tous les autres. Ceux-ci travailleront plus, ceux-là gagneront plus. La parole donnée est respectée.

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A propos de goût prononcé pour les paillettes et les oripeaux du pouvoir, il est navrant d'entendre tant de mauvaises langues s'en prendre à Madame Dati. Elle est la seule à faire précisément ce pourquoi elle a été déposée à son poste. Elle s'applique à briller.

11.12.2007

Coteries et corruption

Le temps est revenu de dire.

Pendant qu'on jette chaque jour aux français un os blanc à ronger, les richesses de la France et son honneur sont livrés aux chiens. Les puissances de l'argent festoient sans vergogne, conviées aux agapes par un nouveau Président qui ne boude pas son bonheur de parvenu. Hier, sont venus au banquet les grandes fortunes. Elles s'en pourlèchent encore les babines, le paquet fiscal fut un morceau de choix. Aujourd'hui, se sont les marchands d'armes. La France a plein de nouveaux amis, de Khadafi à Poutine, en passant par Hu Jintao. Autant de couleuvres dont la jolie secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme fera bientôt une indigestion. Autant de problèmes intestinaux ignorés par son ministre de tutelle. Le très opportuniste Bernard Kouchner n'en revient toujours pas d'avoir trouvé en son Président un moyen d'exister encore un peu, dans ces palais de la République qu'il a toujours tant appréciés.

Qu'importe l'honneur pourvu qu'on côtoie les puissants. Quelques mois auront donc suffi pour que le dévoiement devienne la règle. Chacun est au service de soi, plus personne, au sommet de l'Etat, ne sert encore l'intérêt général. Mais le pire est encore à venir : après le règne du vulgaire vient celui de la corruption.

Mais je bavarde et ce n'est pas ainsi que je compte user de ma liberté. Il est des choses qu'on dissimule aux français et que j'entends  révéler, des collusions sous-terraines qui gagneront à connaître la lumière, quelques anecdotes savoureuses que je ne mépriserai pas non plus. Le temps est bientôt venu de déballer les cadeaux. Ce sera ma façon de célébrer noël en votre compagnie.

Les forces de l'esprit sont incorruptibles, je ne vous quitte pas...